Plus jamais ça ? Vraiment ?
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Le 11 décembre représente une date particulière pour moi, depuis l’époque où j’avais découvert l’histoire d’une jeune femme tombée dans la fleure de l’âge. Elle n’a été emportée ni par la maladie, ni par un accident encore moins par une quelconque fatalité. Elle s’est retrouvée prise dans le tourbillon de l’Histoire avec pour seule bouée de sauvetage ses rêves d’un Maroc plus juste, un Maroc qui assurerait à ses fils et à Saida Mnebehi ne fait pas partie du collectif « connu » de ceux qui sont tombés lors des années de plomp. Elle faisait partie d’une jeunesse dite rebelle et insoumise et le prix suprême qu’elle consentit en a fait jusqu’à aujourd’hui encore, où l’image de héros et modèles est plus brouillée que jamais, l’emblème du militantisme désintéressé. Il y a quelque temps de cela, j’avais écrit un billet sur le même sujet. Je l’avais naïvement intitulé: Plus jamais ça ! Mais depuis, je suis revenu de mes illusions. Vous me diriez: Allons allons, nous ne revivons tout de même pas les années de plomb au Maroc. Il n’y a pas des disparitions à la pelle. Il n’y a pas des condamnations de masse. Je vous répondrais: Certes. Mais alors combien de personnes faut-il jeter en prison avant de commencer à s’inquiéter ? Il y a eu Chakib El-Khyari qui croupit toujours en prison. Il y eu El-Gadiri, mort à la suite des blessures qu’il a reçues lors d’affrontements avec la police. Il y a eu Zahra Boudkour, jeune étudiante ayant récemment accompli une peine de deux ans de prison pour avoir participé à une manifestation estudiantine à Marrakech. Il y a eu le cas Fodeil Aberkane, qui pour une banale histoire de joint associée à une non moins banale absence de police d’assurance pour sa moto, se trouve actuellement six pieds sous terre. Et tout récemment, cette jeune fille du nom d’Ilham Hesnouni. Elle n’a pas encore été condamnée – je n’utilise plus le terme « jugée » car il est superflu – mais elle a déjà goûté à la fameuse hospitalité de Jemâa El Fna. Le récit des ses « interrogatoires » ne peut laisser indifférent. Ile ne doit pas laisser indifférent. Une injustice. Une seule injustice commise est une injustice de trop ! PS: Le récit d’Ilham Hesnouni peut être retrouvé sur le site de lakome.com sur ce lien. |
11 décembre 2010 à 12:00:00
Blog : Blog d'Anas Alaoui


