Vae victis !
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Lorsque l’Alliance des Opportunistes, plus connue sous le sigle G8, était donnée gagnante des législatives du 25 novembre, une horde de péripatéticiennes politiques de tous bords – éditorialistes, artistes, blogueurs etc… - se sont rués vers le RNI pour s’assurer une petite place sous le soleil de FAEH qui n’allait pas tarder à irradier notre beau pays de médiocrité, de corruption et de clientélisme. Tous ont cru faire un bon paris, selon la logique qui voudrait que l’on se mette sous la protection des puissants – quitte à y laisser son slip – plutôt que de rejoindre les partis qui correspondent le mieux aux convictions politiques de chacun. Du jour au lendemain, l’on s’est retrouvé obligés de souffrir un discours entièrement conçu dans des agences de com’, qui avaient pour mission de débarrasser les partis de l’administration de leur passé dégueulasse, selon une stratégie en trois axes : 1 – Le RNI n’existait pas avant : La campagne de communication du RNI ne concernait de son histoire que les quatre dernières années. En déplaçant le débat vers son bilan positif, le parti de Mezouar évitait de répondre de ses actes qui remontent depuis sa création par le Makhzen aux années 70. Ainsi, pendant des semaines, nous avons appris grâce aux explications bienveillantes des militants intérimaires que le bilan du RNI au gouvernement est plus que satisfaisant, que le seul danger encouru par notre pays est le danger islamiste, que le projet du G8 est celui de la modernité, de la démocratie et du développement économique. Cette stratégie était d’une grande stupidité : car ce bilan a beau être embelli, enjolivé par tous les marketteurs du monde, il n’en reste pas moins catastrophique et aucun clip de campagne n’est capable d’altérer à ce point la réalité. Le RNI, qui est au gouvernement avant même que votre serviteur n’ait eu l’occasion de patauger maussadement dans le ventre de sa génitrice a tenté de nous faire croire, défiant arrogamment nos sens et les chiffres du HCP, que hamdoullah ça va, le Maroc s’en sort à merveille merci de vous inquiéter, et qu’il suffit de faire un tour sur le site Makassib pour se sentir moins pauvre, moins analphabète, moins malade, moins corrompu, moins chômeur et moins honteux d’appartenir à une Nation qui n’a réalisé d’exploits que celui d’augmenter le nombre de ses analphabètes depuis l’indépendance. 2 – S’ériger en défenseurs des libertés individuelles : Dépourvu de toute substance, le RNI ou le PAM ne peut exister que par opposition à une autre entité plus consistante. Hier les traîtres de la Nation, aujourd’hui les barbus qui en veulent à ma bière, le RNI a cru que les marocains sont à ce point sots de se laisser avoir par l’agitation d’un spectre islamiste, alors que la makhzen n’a cessé de détruire la gauche progressiste par tous les moyens. Le comble de la bassesse était la publication par le PAM d’un argumentaire ridicule, répétitif, pour convaincre les gens de ne pas voter PJD et dont voici un extrait :
3 – Mettre en avant des têtes-à-claques : Pour éviter un vote sanction des jeunes (qui ne votent pas – au passage) pendant cette campagne électorale qui restera dans les an[n]ales de certains, le RNI/PAM a mis en œuvre un leurre qu’on pensait efficace. Ainsi, des jeunes rigolos, médiocres, bêtes, emblèmes d’une nouvelle classe moyenne de lâches, ont été recrutés à la pelle et mis en avant pour symboliser le renouveau, la rupture avec le passé et incarner je ne sais quelle modernité promue comme l’unique voix du Salut. Mais voyez-vous, quelques soient les moyens du RNI, il ne peut attirer des jeunes cadres que les plus médiocres, les plus malléables, les plus opportunistes. Ensuite, on a martelé pendant un bon bout de temps que le RNI met en valeur ses jeunes, et l’on a cru que les likes recueillis sur la page facebook de Moncef Belkhayat étaient un gage de sa popularité. Je n’oublierai jamais l’humiliation d’avoir été représenté, en tant que jeune, par les mêmes têtes à claques qui léchaient les orteils des professeurs au lycée. Croyez-vous qu’un citoyen intègre, sincère, compétent, se laisserait aller à croire en cette mascarade à deux balles ? Ce serait prendre les gens pour des cons. Et les gens n’aiment généralement pas être pris pour des cons. Et pour couronner le tout on entend le même Belkhayat expliquer sur une radio marocaine qu’il n’y avait aucun problème d’insécurité dans nos villes. Le même, cette fois improvisé constitutionnaliste le temps d’une connerie, estimait que la dilapidation des deniers publics est un droit constitutionnel. Voilà le type d’hurluberlus mis en avant par le RNI. Voilà l’archétype politique que l’on a donné à nos jeunes compatriotes pendant des mois. Tout cela ne devait être qu’un artifice pour gagner les voix que les notables ne réussiraient pas à acheter. Dans l’esprit des héritiers de Basri, ils devaient assurer une victoire incontestable au G8, les recettes d’antan n’ayant aucune raison de ne plus fonctionner. Mais maintenant que la grande OPA de FAEH a échoué, que faire d’un Salah El Ouadie ? Que faire d’une Khadija Rouissi ? Que faire de tous ceux qui ont longtemps brandi leur passé militant pour mieux se vendre au plus offrant ? Que faire des petits rigolos, jeunes cadres dynamiques, qui voulaient pénétrer le champ politique par derrière ? Les ignorer, les laisser succomber à l’humiliation d’avoir retourné leur veste pour rien semble être un bon châtiment. Nous risquons de les entendre beugler pendant les cinq années à venir, au milieu de la moquerie générale, ou de l’indifférence totale. Malheureusement le prix à payer pour se débarrasser de ces appendices était l’élection de la branche à peu près sortable du MUR. Ainsi soit-il. Gloria victoribus ! Filed under: Plubôpaysdumonde |
28 novembre 2011 à 21:27:00
Blog : C.J.D.M.


